Baile Atha Cliath a écrit:
Oui. Et l'horreur de la chose c'est qu'ils vont reprocher a la Grece de ne pas faire de croissance dans 5 ans alors que c'est justement cette austerite qui l'en aura empeche.
Et donc un nouveau plan d'austerite suivra. Puis un autre...La Grece est prive de croissance pour au moins 10-20 ans.
Ils continueront jusqu'a ce que le peuple decrete definitivement la fin de ce cirque et decide de prendre d'assaut le parlement. On se rapproche doucement mais surement de cet etat de conviction personnel en Grece.
La Grèce ne peut PAS avoir de croissance avec l'euro qui est surévalué pour elle. Ses principaux secteurs sont l'agriculture et le tourisme. Comment voulez vous avoir de la croissance quand la monnaie est trop forte par rapport à votre productivité, et que donc de moins en moins de gens achètent vos produits et partent en vacance chez vous car trop cher ?
Voici les possibilités pour la Grèce depuis mai 2010 :
-Ne rien changer. Conséquences : Banqueroute car personne ne veut prêter de l'argent à quelqu'un qui te rembourse le capital ET les intérêts avec les prêts d'autres. On appelle ça une chaîne de Ponzi et tu vas en prison quand tu n'es pas un état (Cf Madoff). Une fois en banqueroute, étant donné que plus personne ne te prête, tu es obligé de ne pas dépensé plus que ce que tes recettes, donc l'austérité serait encore plus grande qu'actuellement, étant donné qu'ils ont 6% de déficit par rapport au PIB. Mais par rapport au budget de l'Etat grec, il doit du jour au lendemain couper de 25% dans ses dépenses. L'austérité actuelle n'est rien par rapport à ça. D'autant plus qu'ils n'auront toujours pas de croissance pour autant à cause de la monnaie unique. J'aimerais pas être un jeune grec sans avenir dans cette situation là.
-Les autres états européens financent la Grèce sans plan d'austérité : les problèmes structurels de la Grèce ne seront jamais résolus, les politiciens grecs ne feront jamais aucune réforme impopulaire tant que pas au pied du mur, et les contribuables européens payeront jusqu’à en avoir marre. C'est à mon sens immoral.
-Les autres états européens financent la Grèce avec plan d'austérité, situation actuelle : la fausse croissance achetée à crédit disparaît. Cependant, la dette devient encore plus insoutenable avec aucun espoir d'être remboursée un jour, du fait d'absence de croissance (euro). Cela coute de plus en plus cher au contribuable européen jusqu'a ce que la Grèce fasse défaut. On aura donc perdu des centaines de milliards d'euros et plusieurs années pour arriver au même résultat qu'on voulait éviter au début, pour un pays pesant 2% du PIB européen.
-Eurobonds : Les autres pays de la zone euro financent la grèce ad vitam aeternam comme décris plus haut, donc aucune réforme impopulaire. Au lieu qu'ils financent en prêtant de l'argent directement, ils financent en payant plus d'intérêts. Enorme aléa moral pour chaque état : si il maintient une ligne budgétaire stricte, lui seul subis alors que tout le monde en profite en payant moins cher ses intérêts. A contrario, si il dépense, lui seul profite et tout le monde paye la note. La fourmis est fortement punie et la cigale récompensée, on ne peut imaginer pire situation.
-Faillite ordonnée avec sortie de l'euro : Coup très dur, niveau de vie divisé par deux comme en Argentine. Mais la classe politique grecque est obligée de faire les réformes nécessaires. Cependant, pour peu que le climat institutionnel soit favorable, la monnaie beaucoup plus faible dope l'investissement de l'étranger, le tourisme et l'agriculture. Le chômage diminue, la croissance revient et au bout de quelques années le niveau de vie a dépassé celui pré crise.