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MessagePublié: 19 Fév 2012, 18:56 
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Voici une technique rhétorique apparue il y a 15 ans qui me donne l'impression d'être un moyen d'éluder la discussion en qualifiant les propos, quels qu'ils soient, de l'adversaire de "pensée unique".

Qu'est donc cette pensée unique? Que contient elle? Peut on en donner des composantes précises? Comment la qualifier? Si elle existe, en quoi est elle condamnable?

La pensée unique n'existe t'elle pas uniquement chez ses adversaires qui trouvent malin de faire un procès en sorcellerie de ceux qui ont la mission, pas facile, d'exercer le pouvoir?

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:05 
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spitfire a écrit:
Qu'est donc cette pensée unique? ..

le fonds de commerce de la pensée unique c'est:
le libre échange globalisé, mondialisé & esclavagiste.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:09 
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zzz a écrit:
spitfire a écrit:
Qu'est donc cette pensée unique? ..

le fonds de commerce de la pensée unique c'est:
le libre échange globalisé, mondialisé & esclavagiste.


Pour le globalisé et le mondialisé, ce n'est pas une pensée, c'est un état de fait!

On peut toujours essayer de déglobaliser ou de démondialiser (et pour certains points comme la production agricole locale, cela mérite d'être étudié), mais il y a des réalités technologiques et économiques qui font que les échanges se font aujourd'hui à l'échelle de la planète!

Esclavagiste??? Il faudrait expliquer, car j'ai l'impression que les pays les plus mondialisés sont ceux où l'esclavagisme recule.


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:17 
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spitfire a écrit:
zzz a écrit:
spitfire a écrit:
Qu'est donc cette pensée unique? ..

le fonds de commerce de la pensée unique c'est:
le libre échange globalisé, mondialisé & esclavagiste.


Pour le globalisé et le mondialisé, ce n'est pas une pensée, c'est un état de fait!
.

Et ce fait, il vient en ligne directe de l'opération du st Esprit ?
Oublie le marabout, vieux.
Le libre échange globalisé, mondialisé & esclavagiste, il est conçu et appliqué par des gus en chair et en os (style le socialiste Pascal Lamy)
Et une autre personne en chair et en os, style Marine, peut tout à fait carboniser ces malfaisances néfastes au plan social et humain.

cette affaire est tellement concrète qu'on peut même en quantifier son existence par le niveau des tarifs.
C'est une affaire on ne peut plus empirique.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:28 
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Il n'y a pas "une" pensée unique, mais chaque milieu social, politique ou culturel cultive un ensemble de préjugés voire de dogmes particuliers.
On reconnaît d'ailleurs les esprits libres à ce qu'ils ne sont pas entièrement déterminés par ce champ dans lequel ils évoluent (que ce soit en acceptant ses préjugés, ou en se braquant contre eux.)

Pour l'usage rhétorique du terme, c'est lié à la valorisation de la posture minoritaire et critique dans notre culture.
Tout le monde veut avoir l'air d'un résistant ou se convainc de l'être.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:31 
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zzz a écrit:
spitfire a écrit:
zzz a écrit:
le fonds de commerce de la pensée unique c'est:
le libre échange globalisé, mondialisé & esclavagiste.


Pour le globalisé et le mondialisé, ce n'est pas une pensée, c'est un état de fait!
.

Et ce fait, il vient en ligne directe de l'opération du st Esprit ?


La technologie y est pour beaucoup! Et cela ne s'est pas décidé au niveau ds dirigeants, mais au sein de microstructures multiples dont les plus connues s'appellent Bill Gates ou Steve Jobs mais il y en a beaucoup d'autres dans les télécoms, l'informatique, les matériaux, le tourisme de masse, le transport, la finance, l'assurance... parfois de simples idées au sein de grandes entreprises etc...
Et c'est effectivement allé très vite!

Citer:
Oublie le marabout, vieux.
Le libre échange globalisé, mondialisé & esclavagiste, il est conçu et appliqué par des gus en chair et en os (style le socialiste Pascal Lamy)

lamy fait aprtie plutôt de ceux qui essaient de mettre un peu d'ordre dans ce bouillonnement.


Citer:
Et une autre personne en chair et en os, style Marine, peut tout à fait carboniser ces malfaisances néfastes au plan social et humain.

Si elle le croit, c'est grave!

Citer:
cette affaire est tellement concrète qu'on peut même en quantifier son existence par le niveau des tarifs.

Expliquez nous cela!

Citer:
C'est une affaire on ne peut plus empirique.

La mondialisation est effectivement un empirisme!

Vous n'avez pas parlé de l'esclavagisme.


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:33 
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Zdwarf a écrit:
Il n'y a pas "une" pensée unique, mais chaque milieu social, politique ou culturel cultive un ensemble de préjugés voire de dogmes particuliers.
On reconnaît d'ailleurs les esprits libres à ce qu'ils ne sont pas entièrement déterminés par ce champ dans lequel ils évoluent (que ce soit en acceptant ses préjugés, ou en se braquant contre eux.)

Pour l'usage rhétorique du terme, c'est lié à la valorisation de la posture minoritaire et critique dans notre culture.
Tout le monde veut avoir l'air d'un résistant ou se convainc de l'être.

Il te manque Hegel.
Ta conscience politique est celle d'un trouduc relativiste soixantuitard.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:34 
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Zdwarf a écrit:
Il n'y a pas "une" pensée unique, mais chaque milieu social, politique ou culturel cultive un ensemble de préjugés voire de dogmes particuliers.
On reconnaît d'ailleurs les esprits libres à ce qu'ils ne sont pas entièrement déterminés par ce champ dans lequel ils évoluent (que ce soit en acceptant ses préjugés, ou en se braquant contre eux.)

Pour l'usage rhétorique du terme, c'est lié à la valorisation de la posture minoritaire et critique dans notre culture.
Tout le monde veut avoir l'air d'un résistant ou se convainc de l'être.


je vous rejoins assez.

Mais dans ce cas pour dépasser le concept de marché unique, il faut que la posture minoritaire se valorise autrement en acceptant le débat avec la posture majoritaire, et qu'elle accepte la réalité des forces qui prééxistent dans le monde.

Vouloir démondialiser à partir de la France sans tenir compte de la volonté et des désirs des autres peuples est grotesque.


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:35 
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zzz a écrit:
Zdwarf a écrit:
Il n'y a pas "une" pensée unique, mais chaque milieu social, politique ou culturel cultive un ensemble de préjugés voire de dogmes particuliers.
On reconnaît d'ailleurs les esprits libres à ce qu'ils ne sont pas entièrement déterminés par ce champ dans lequel ils évoluent (que ce soit en acceptant ses préjugés, ou en se braquant contre eux.)

Pour l'usage rhétorique du terme, c'est lié à la valorisation de la posture minoritaire et critique dans notre culture.
Tout le monde veut avoir l'air d'un résistant ou se convainc de l'être.

Il te manque Hegel.
Ta conscience politique est celle d'un trouduc relativiste soixantuitard.


C'est le genre de remarque qui ne fait pas avancer le débat d'un iota!


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:36 
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spitfire a écrit:
zzz a écrit:
Zdwarf a écrit:
Il n'y a pas "une" pensée unique, mais chaque milieu social, politique ou culturel cultive un ensemble de préjugés voire de dogmes particuliers.
On reconnaît d'ailleurs les esprits libres à ce qu'ils ne sont pas entièrement déterminés par ce champ dans lequel ils évoluent (que ce soit en acceptant ses préjugés, ou en se braquant contre eux.)

Pour l'usage rhétorique du terme, c'est lié à la valorisation de la posture minoritaire et critique dans notre culture.
Tout le monde veut avoir l'air d'un résistant ou se convainc de l'être.

Il te manque Hegel.
Ta conscience politique est celle d'un trouduc relativiste soixantuitard.


C'est le genre de remarque qui ne fait pas avancer le débat d'un iota!

Si tu ne sais pas ton Hegel, c'est évident.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:38 
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zzz a écrit:
Il te manque Hegel.
Ta conscience politique est celle d'un trouduc relativiste soixantuitard.


Il y eut mille fins jusqu'à présent, car il y eut mille peuples. Ne manque encore que la bride sur mille nuques, manque la fin unique. Encore, l'humanité n'a pas de fin.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:41 
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spitfire a écrit:
zzz a écrit:
Il te manque Hegel.
Ta conscience politique est celle d'un trouduc relativiste soixantuitard.


C'est le genre de remarque qui ne fait pas avancer le débat d'un iota!

Si tu ne sais pas ton Hegel, c'est évident.


Dites nous donc les pensées d'Hegel qui apportent quelque chose au débat!


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:47 
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spitfire a écrit:
Voici une technique rhétorique apparue il y a 15 ans qui me donne l'impression d'être un moyen d'éluder la discussion en qualifiant les propos, quels qu'ils soient, de l'adversaire de "pensée unique".

Qu'est donc cette pensée unique? Que contient elle? Peut on en donner des composantes précises? Comment la qualifier? Si elle existe, en quoi est elle condamnable?

La pensée unique n'existe t'elle pas uniquement chez ses adversaires qui trouvent malin de faire un procès en sorcellerie de ceux qui ont la mission, pas facile, d'exercer le pouvoir?

Pour définir la "pensée unique" qu'est le néolibéralisme, il faut retourner à l'essence même du combat altermondialiste.
La "pensée unique" a été critiqué par le grand socilologue Pierre Bourdieu, dans un article de Mars 1998 du "Monde Diplomatique" :

Citer:
L’essence du néolibéralisme
par Pierre Bourdieu, mars 1998

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit - plus exceptionnellement - par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main- d’oeuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice.

Il suffit de penser, pour donner la mesure de l’omission, au seul système d’enseignement, qui n’est jamais pris en compte en tant que tel en un temps où il joue un rôle déterminant dans la production des biens et des services, comme dans la production des producteurs. De cette sorte de faute originelle, inscrite dans le mythe walrasien (1) de la « théorie pure », découlent tous les manques et tous les manquements de la discipline économique, et l’obstination fatale avec laquelle elle s’accroche à l’opposition arbitraire qu’elle fait exister, par sa seule existence, entre la logique proprement économique, fondée sur la concurrence et porteuse d’efficacité, et la logique sociale, soumise à la règle de l’équité.

Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable. En effet, le discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l’asile, selon Erving Goffman (2), c’est un « discours fort », qui n’est si fort et si difficile à combattre que parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est, notamment en orientant les choix économiques de ceux qui dominent les rapports économiques et en ajoutant ainsi sa force propre, proprement symbolique, à ces rapports de forces. Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d’action, s’accomplit un immense travail politique (dénié puisque, en apparence, purement négatif) qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » ; un programme de destruction méthodique des collectifs.

Le mouvement, rendu possible par la politique de déréglementation financière, vers l’utopie néolibérale d’un marché pur et parfait, s’accomplit à travers l’action transformatrice et, il faut bien le dire, destructrice de toutes les mesures politiques (dont la plus récente est l’AMI, Accord multilatéral sur l’investissement, destiné à protéger, contre les Etats nationaux, les entreprises étrangères et leurs investissements), visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manoeuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation.

LE programme néolibéral, qui tire sa force sociale de la force politico-économique de ceux dont il exprime les intérêts - actionnaires, opérateurs financiers, industriels, hommes politiques conservateurs ou sociaux-démocrates convertis aux démissions rassurantes du laisser-faire, hauts fonctionnaires des finances, d’autant plus acharnés à imposer une politique prônant leur propre dépérissement que, à la différence des cadres des entreprises, ils ne courent aucun risque d’en payer éventuellement les conséquences -, tend globalement à favoriser la coupure entre l’économie et les réalités sociales, et à construire ainsi, dans la réalité, un système économique conforme à la description théorique, c’est-à-dire une sorte de machine logique, qui se présente comme une chaîne de contraintes entraînant les agents économiques.

La mondialisation des marchés financiers, jointe au progrès des techniques d’information, assure une mobilité sans précédent de capitaux et donne aux investisseurs, soucieux de la rentabilité à court terme de leurs investissements, la possibilité de comparer de manière permanente la rentabilité des plus grandes entreprises et de sanctionner en conséquence les échecs relatifs. Les entreprises elles-mêmes, placées sous une telle menace permanente, doivent s’ajuster de manière de plus en plus rapide aux exigences des marchés ; cela sous peine, comme l’on dit, de « perdre la confiance des marchés », et, du même coup, le soutien des actionnaires qui, soucieux d’obtenir une rentabilité à court terme, sont de plus en plus capables d’imposer leur volonté aux managers, de leur fixer des normes, à travers les directions financières, et d’orienter leurs politiques en matière d’embauche, d’emploi et de salaire.

Ainsi s’instaurent le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l’entreprise, la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l’ individualisation de la relation salariale : fixation d’objectifs individuels ; entretiens individuels d’évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées ; stratégies de « responsabilisation » tendant à assurer l’auto-exploitation de certains cadres qui, simples salariés sous forte dépendance hiérarchique, sont en même temps tenus pour responsables de leurs ventes, de leurs produits, de leur succursale, de leur magasin, etc., à la façon d’« indépendants » ; exigence de l’« autocontrôle » qui étend l’« implication » des salariés, selon les techniques du « management participatif », bien au-delà des emplois de cadres. Autant de techniques d’assujettissement rationnel qui, tout en imposant le surinvestissement dans le travail, et pas seulement dans les postes de responsabilité, et le travail dans l’urgence, concourent à affaiblir ou à abolir les repères et les solidarités collectives (3).

L’institution pratique d’un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l’adhésion à la tâche et à l’entreprise dans l’insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l’insécurité et l’existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d’une armée de réserve de main-d’oeuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs.

Cette violence structurale pèse aussi sur ce que l’on appelle le contrat de travail (savamment rationalisé et déréalisé par la « théorie des contrats »). Le discours d’entreprise n’a jamais autant parlé de confiance, de coopération, de loyauté et de culture d’entreprise qu’à une époque où l’on obtient l’adhésion de chaque instant en faisant disparaître toutes les garanties temporelles (les trois quarts des embauches sont à durée déterminée, la part des emplois précaires ne cesse de croître, le licenciement individuel tend à n’être plus soumis à aucune restriction).

On voit ainsi comment l’utopie néolibérale tend à s’incarner dans la réalité d’une sorte de machine infernale, dont la nécessité s’impose aux dominants eux-mêmes. Comme le marxisme en d’autres temps, avec lequel, sous ce rapport, elle a beaucoup de points communs, cette utopie suscite une formidable croyance, la free trade faith (la foi dans le libre-échange), non seulement chez ceux qui en vivent matériellement, comme les financiers, les patrons de grandes entreprises, etc., mais aussi chez ceux qui en tirent leurs justifications d’exister, comme les hauts fonctionnaires et les politiciens, qui sacralisent le pouvoir des marchés au nom de l’efficacité économique, qui exigent la levée des barrières administratives ou politiques capables de gêner les détenteurs de capitaux dans la recherche purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité, qui veulent des banques centrales indépendantes, qui prêchent la subordination des Etats nationaux aux exigences de la liberté économique pour les maîtres de l’économie, avec la suppression de toutes les réglementations sur tous les marchés, à commencer par le marché du travail, l’interdiction des déficits et de l’inflation, la privatisation généralisée des services publics, la réduction des dépenses publiques et sociales.

SANS partager nécessairement les intérêts économiques et sociaux des vrais croyants, les économistes ont assez d’intérêts spécifiques dans le champ de la science économique pour apporter une contribution décisive, quels que soient leurs états d’âme à propos des effets économiques et sociaux de l’utopie qu’ils habillent de raison mathématique, à la production et à la reproduction de la croyance dans l’utopie néolibérale. Séparés par toute leur existence et, surtout, par toute leur formation intellectuelle, le plus souvent purement abstraite, livresque et théoriciste, du monde économique et social tel qu’il est, ils sont particulièrement enclins à confondre les choses de la logique avec la logique des choses.

Confiants dans des modèles qu’ils n’ont pratiquement jamais l’occasion de soumettre à l’épreuve de la vérification expérimentale, portés à regarder de haut les acquis des autres sciences historiques, dans lesquels ils ne reconnaissent pas la pureté et la transparence cristalline de leurs jeux mathématiques, et dont ils sont le plus souvent incapables de comprendre la vraie nécessité et la profonde complexité, ils participent et collaborent à un formidable changement économique et social qui, même si certaines de ses conséquences leur font horreur (ils peuvent cotiser au Parti socialiste et donner des conseils avisés à ses représentants dans les instances de pouvoir), ne peut pas leur déplaire puisque, au péril de quelques ratés, imputables notamment à ce qu’ils appellent parfois des « bulles spéculatives », il tend à donner réalité à l’utopie ultraconséquente (comme certaines formes de folie) à laquelle ils consacrent leur vie.

Et pourtant le monde est là, avec les effets immédiatement visibles de la mise en oeuvre de la grande utopie néolibérale : non seulement la misère d’une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement, l’accroissement extraordinaire des différences entre les revenus, la disparition progressive des univers autonomes de production culturelle, cinéma, édition, etc., par l’imposition intrusive des valeurs commerciales, mais aussi et surtout la destruction de toutes les instances collectives capables de contrecarrer les effets de la machine infernale, au premier rang desquelles l’Etat, dépositaire de toutes les valeurs universelles associées à l’idée de public, et l’imposition, partout, dans les hautes sphères de l’économie et de l’Etat, ou au sein des entreprises, de cette sorte de darwinisme moral qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l’élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques la lutte de tous contre tous et le cynisme.

Peut-on attendre que la masse extraordinaire de souffrance que produit un tel régime politico-économique soit un jour à l’origine d’un mouvement capable d’arrêter la course à l’abîme ? En fait, on est ici devant un extraordinaire paradoxe : alors que les obstacles rencontrés sur la voie de la réalisation de l’ordre nouveau - celui de l’individu seul, mais libre - sont aujourd’hui tenus pour imputables à des rigidités et des archaïsmes, et que toute intervention directe et consciente, du moins lorsqu’elle vient de l’Etat, par quelque biais que ce soit, est d’avance discréditée, donc sommée de s’effacer au profit d’un mécanisme pur et anonyme, le marché (dont on oublie qu’il est aussi le lieu d’exercice d’intérêts), c’est en réalité la permanence ou la survivance des institutions et des agents de l’ordre ancien en voie de démantèlement, et tout le travail de toutes les catégories de travailleurs sociaux, et aussi toutes les solidarités sociales, familiales ou autres, qui font que l’ordre social ne s’effondre pas dans le chaos malgré le volume croissant de la population précarisée.

Le passage au « libéralisme » s’accomplit de manière insensible, donc imperceptible, comme la dérive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles à long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimulés, paradoxalement, par les résistances qu’il suscite, dès maintenant, de la part de ceux qui défendent l’ordre ancien en puisant dans les ressources qu’il recelait, dans les solidarités anciennes, dans les réserves de capital social qui protègent toute une partie de l’ordre social présent de la chute dans l’anomie. (Capital qui, s’il n’est pas renouvelé, reproduit, est voué au dépérissement, mais dont l’épuisement n’est pas pour demain.)

MAIS ces mêmes forces de « conservation », qu’il est trop facile de traiter comme des forces conservatrices, sont aussi, sous un autre rapport, des forces de résistance à l’instauration de l’ordre nouveau, qui peuvent devenir des forces subversives. Et si l’on peut donc conserver quelque espérance raisonnable, c’est qu’il existe encore, dans les institutions étatiques et aussi dans les dispositions des agents (notamment les plus attachés à ces institutions, comme la petite noblesse d’Etat), de telles forces qui, sous apparence de défendre simplement, comme on le leur reprochera aussitôt, un ordre disparu et les « privilèges » correspondants, doivent en fait, pour résister à l’épreuve, travailler à inventer et à construire un ordre social qui n’aurait pas pour seule loi la recherche de l’intérêt égoïste et la passion individuelle du profit, et qui ferait place à des collectifs orientés vers la poursuite rationnelle de fins collectivement élaborées et approuvées.

Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l’Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational, c’est-à-dire européen (étape vers un Etat mondial), capable de contrôler et d’imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l’action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l’aide des syndicats, l’élaboration et la défense de l’ intérêt public qui, qu’on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable (en un autre temps, on aurait dit d’« épicier ») que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l’accomplissement humain.

Pierre Bourdieu

Sociologue, professeur au Collège de France.
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/10167


C'est en réaction à cet article, après un appel international d'Ignacio Ramonet dans ce même journal, que ATTAC France a été créé, pour organiser une contre offensive antilibérale.

Le danger d'une pensée unique est qu'elle peut être remplacée par une autre, avec la collusion active des médias, des puissances d'argent et d'une élite politique au pouvoir.
Le FN représente par exemple cette pensée unique par un raccourci faux : l'UMPS.

_________________
Etape n°1: Les africains nomment le pétrole : la "merde" du diable.
Etape n°2: Restons cool, le Peak Oil arrive...
Etape n°3: Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité, c'est nous, que cela nous plaise ou non


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spitfire a écrit:


Dites nous donc les pensées d'Hegel qui apportent quelque chose au débat!

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Mais dans ce cas pour dépasser le concept de marché unique, il faut que la posture minoritaire se valorise autrement en acceptant le débat avec la posture majoritaire, et qu'elle accepte la réalité des forces qui prééxistent dans le monde.

Vouloir démondialiser à partir de la France sans tenir compte de la volonté et des désirs des autres peuples est grotesque.


En présentant votre vision comme "réaliste" et en naturalisant un rapport de force qui va dans le sens de vos intérêts, vous tentez d'en faire une "pensée unique", c'est à dire une pensée qui s'impose comme l'évidence même et qu'un être rationnel ne peut rejeter. Vos attaques dirigées contre M. Le Pen le prouvent plusieurs fois par jour.

C'est vouloir montrer un fatalisme et un processus mécanique là où des volontés particulières sont à l’œuvre pour arriver à leurs fins (ce qui pourrait être une définition du conservatisme).

Mais il n'existe pas de "pensée unique", au sens de pensée partagée par l'ensemble d'une population sans exception, parce qu'aucun conservatisme, même totalitaire, n'a jamais pu rallier à lui tous les individus à sa portée. Il restera toujours des volontés fortes et des esprits libres pour s'y opposer, même si vous réduisiez tous les groupes organisés qui pourraient résister au processus en cours (par exemple, dans le cas de la mondialisation, tous les ouvriers et petits bourgeois qui se sentent menacés par elle.) Ce qui est déjà irréalisable, donc ces groupes continuent de produire leur propre "pensée unique".

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:55 
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Zdwarf a écrit:
spitfire a écrit:
Mais dans ce cas pour dépasser le concept de marché unique, il faut que la posture minoritaire se valorise autrement en acceptant le débat avec la posture majoritaire, et qu'elle accepte la réalité des forces qui prééxistent dans le monde.

Vouloir démondialiser à partir de la France sans tenir compte de la volonté et des désirs des autres peuples est grotesque.


En présentant votre vision comme "réaliste" et en naturalisant un rapport de force qui va dans le sens de vos intérêts, vous tentez d'en faire une "pensée unique", c'est à dire une pensée qui s'impose comme l'évidence même et qu'un être rationnel ne peut rejeter. Vos attaques dirigées contre M. Le Pen le prouvent plusieurs fois par jour.

C'est vouloir montrer un fatalisme et un processus mécanique là où des volontés particulières sont à l’œuvre pour arriver à leurs fins (ce qui pourrait être une définition du conservatisme).

Mais il n'existe pas de "pensée unique", au sens de pensée partagée par l'ensemble d'une population sans exception, parce qu'aucun conservatisme, même totalitaire, n'a jamais pu rallier à lui tous les individus à sa portée. Il restera toujours des volontés fortes et des esprits libres pour s'y opposer, même si vous réduisiez tous les groupes organisés qui pourraient résister au processus en cours (par exemple, dans le cas de la mondialisation, tous les ouvriers et petits bourgeois qui se sentent menacés par elle.) Ce qui est déjà irréalisable, donc ces groupes continuent de produire leur propre "pensée unique".

Merci vieux. Je prends bonne note pour les volontés fortes et des esprits libres. Tu as raison.
pensée unique n'est en effet pas la bonne formulation.

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 19:57 
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Zdwarf a écrit:
Il n'y a pas "une" pensée unique, mais chaque milieu social, politique ou culturel cultive un ensemble de préjugés voire de dogmes particuliers.
On reconnaît d'ailleurs les esprits libres à ce qu'ils ne sont pas entièrement déterminés par ce champ dans lequel ils évoluent (que ce soit en acceptant ses préjugés, ou en se braquant contre eux.)

Pour l'usage rhétorique du terme, c'est lié à la valorisation de la posture minoritaire et critique dans notre culture.
Tout le monde veut avoir l'air d'un résistant ou se convainc de l'être.


C'est tout à fait ça, il n'y a pas à checher plus loin...

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MessagePublié: 19 Fév 2012, 20:08 
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Alter Egaux a écrit:
spitfire a écrit:
Voici une technique rhétorique apparue il y a 15 ans qui me donne l'impression d'être un moyen d'éluder la discussion en qualifiant les propos, quels qu'ils soient, de l'adversaire de "pensée unique".

Qu'est donc cette pensée unique? Que contient elle? Peut on en donner des composantes précises? Comment la qualifier? Si elle existe, en quoi est elle condamnable?

La pensée unique n'existe t'elle pas uniquement chez ses adversaires qui trouvent malin de faire un procès en sorcellerie de ceux qui ont la mission, pas facile, d'exercer le pouvoir?

Pour définir la "pensée unique" qu'est le néolibéralisme, il faut retourner à l'essence même du combat altermondialiste.
La "pensée unique" a été critiqué par le grand socilologue Pierre Bourdieu, dans un article de Mars 1998 du "Monde Diplomatique" :

Citer:
L’essence du néolibéralisme
par Pierre Bourdieu, mars 1998
xxxx
Pierre Bourdieu

Sociologue, professeur au Collège de France.
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/10167


C'est en réaction à cet article, après un appel international d'Ignacio Ramonet dans ce même journal, que ATTAC France a été créé, pour organiser une contre offensive antilibérale.

Le danger d'une pensée unique est qu'elle peut être remplacée par une autre, avec la collusion active des médias, des puissances d'argent et d'une élite politique au pouvoir.
Le FN représente par exemple cette pensée unique par un raccourci faux : l'UMPS.


Punaise, voici le père Bourdieu au secours. esprit brillant, mais complètement tordu et même pervers.
Dès la première phrase, il se plante! analysons là!
Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominantIl attribue des dires à un soi disant discours dominant, un ordre pur et parfaitc'est Bourdieu qui prétend cela, qui l'attribue à on ne sait qui, mais à quoi cela correspond il? De quel ordre s'agit il alors que beaucoup de responsabls de tous bords et niveaux s'accordaient dire que le monde était difficile à contrôler et qu'il bougeait trop vite dans une mutation globale et multipolaire , déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles Justement personne ne prétendait prévoir quoi que ce soit, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit - plus exceptionnellement - par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDEl'OCDE na aucun pouvoir et le FMI n'est intervenu que dans quelques Etats très mal gérés où les finances partaient à vau-l'au, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main- d’oeuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail la réduction des dépenses publiques et la flexibilisation du travail ont en effet été des solutions valables dans certains cas traités par le FMI?

Le père Bourdieu commençait mal: une série d'affirmations péremptoires ne correspondant à aucune réalité précise.


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 20:12 
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Zdwarf a écrit:
spitfire a écrit:
Mais dans ce cas pour dépasser le concept de marché unique, il faut que la posture minoritaire se valorise autrement en acceptant le débat avec la posture majoritaire, et qu'elle accepte la réalité des forces qui prééxistent dans le monde.

Vouloir démondialiser à partir de la France sans tenir compte de la volonté et des désirs des autres peuples est grotesque.


En présentant votre vision comme "réaliste" et en naturalisant un rapport de force qui va dans le sens de vos intérêts, vous tentez d'en faire une "pensée unique", c'est à dire une pensée qui s'impose comme l'évidence même et qu'un être rationnel ne peut rejeter.


??? ce n'est pas une pensée unique, mais une pensée parmi d'autres. mais il est vrai que j'essaie de faire e sorte qu'elle soit réaliste et constructive!

Citer:
Vos attaques dirigées contre M. Le Pen le prouvent plusieurs fois par jour.

Je ne comprends pas très bien le rapport avec cette dame qui fait dans la démagogie plus que dans la pensée structurée.

Citer:
C'est vouloir montrer un fatalisme et un processus mécanique là où des volontés particulières sont à l’œuvre pour arriver à leurs fins (ce qui pourrait être une définition du conservatisme).

Vous ne m'avez pa bien lu.

Citer:
Mais il n'existe pas de "pensée unique", au sens de pensée partagée par l'ensemble d'une population sans exception, parce qu'aucun conservatisme, même totalitaire, n'a jamais pu rallier à lui tous les individus à sa portée. Il restera toujours des volontés fortes et des esprits libres pour s'y opposer, même si vous réduisiez tous les groupes organisés qui pourraient résister au processus en cours (par exemple, dans le cas de la mondialisation, tous les ouvriers et petits bourgeois qui se sentent menacés par elle.) Ce qui est déjà irréalisable, donc ces groupes continuent de produire leur propre "pensée unique".

A peu près d'accord, sauf la dernière phrase que je vais méditer...


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MessagePublié: 19 Fév 2012, 20:31 
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tu as aussi la définition de Igancio Ramonet (le monde diplo:
Qu’est-ce que la pensée unique ? La traduction en termes idéologiques à prétention universelle des intérêts d’un ensemble de forces économiques, celles, en particulier, du capital international.

http://www.monde-diplomatique.fr/1995/01/RAMONET/1144
mais ta réflexion sur les volontés libres et fortes m'ont interpelé comme dit le cuistre
C'est pensée dominante ? 'tin, tu me forces à y réfléchir vieux. C'est bien.

ce qui m'embêterait c'est de finir en sodomiseur de diptère sur cette affaire.

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